Dimanche 18 octobre 2009
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Il semble que le chien soit devenu criard avec l’homme, qui, de tous les êtres qui ont une langue, est celui qui en use et abuse le plus: car dans l’état de nature, le chien est presque muet, il n’a qu’un hurlement de besoin par accès assez rares." Buffon, Histoire naturelle, de la dégénération des animaux.

Avec cette citation, s’ouvre une initiation aux comportements du chien. Celui-ci ne parle pas, pas plus que son maitre n’aboie. Cela dit, la communication existe entre les deux. Si le chien ne comprend pas les mots, il est sensible à la gestuelle, l’intonation de la voix ou encore l’intensité du regard. De son côté, il s’exprime par ses postures, son aboiement, la position de ses oreilles et/ou le balancement de sa queue. Il est important de rappeler qu’en matière d’éducation, tout se joue pour le chiot dans ses trois premiers mois.

L’ouvrage se découpe en trois parties: chien/français pour comprendre le message émis par le chien, français/chien pour se faire comprendre du chien et enfin, chien entre chien pour comprendre le chien évoluant parmi ses congénères.

Chacun des 160 mots-clés bénéficie d’une définition basique, d’une mise en situation concrète expliquée par Jean Cuvelier, un vétérinaire spécialisé dans le comportement canin. Les informations sont claires et concises d’où l’on déduit aisément ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Par exemple, il faut rester neutre lorsque son chien a peur car le rassurer ne fait que lui donner raison d’avoir peur, ou alors pour que la punition soit efficace, il faut qu’elle soit donnée au moment où le chien fait la bêtise.

Facilités par une mise en page claire façon fiche, les renvois sont nombreux entre les différentes notions abordées qui se complètent, se répondent tels que l’aboiement, l’agressivité, l’au revoir, le bain, les enfants.

Non sans humour,
Christophe Besse met en images quelques scènes du quotidien -pas toujours évident- que tout maître a dû connaître avec son compagnon quadrupède. Ces illustrations visent juste. Elles sont comme une bouffée d’air et de sourire salutaire entre deux enseignements, on ne peut plus sérieux.

Etre capable de lire son chien permet d'éviter certaines situations à risque, la morsure ou la fugue notamment et d'instaurer une cohabitation sereine car si le chat est indépendant, le chien lui est grégaire. Il a besoin de vivre dans une meute hiérarchisée où chacun connait la place qu’il occupe. Parce qu’il est aussi logique, il est indispensable d’être ferme et constant dans les ordres qu’on lui donne.

Il n’y a pas de mauvais chiens, seulement de mauvais maîtres. Apprendre le chien s’est d’abord s’éduquer pour connaître l’animal afin que la relation se passe du mieux possible. Une responsabilité payante car il n’y a rien de plus gratifiant que de voir toutou, heureux de vous obéir. Saluons l'initiative de Larousse dans le domaine.

Mini-dictionnaire bilingue Français/chien chien/français, auteur: Docteur Jean Cuvelier. Illustrateur: Christophe Besse. Edtions Larousse, 9,90 euros.
A partir de 12 ans.

Supersab

PS: N'hésitez pas à me faire part de vos impressions sur cette série en commentaire sur ce blog ou bien sur le site d'Obiwi où vous pourrez également noter la pertinence et la qualité de mon article ( cliquez: ici )
Par Supersab - Publié dans : Rayon Documentaire - Communauté : Les lectures de Florinette
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Lundi 12 octobre 2009
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Christophe Besse est illustrateur pour la presse et la littérature jeunesse. L’homme est à l’image de ses dessins ou ceux-ci reflètent le tempérament de l’artiste quoiqu’il en soit: l’un comme les autres ont beaucoup d’humour...

S’il te plaît dessine-moi… un chat? Evidemment, je ne suis pas une princesse isolée sur mon petit astéroïde ravie d’avoir de la visite. J’ai simplement poussé la porte d’une librairie pour une nouvelle partie de chasse à la dédicace. La prise a été très bonne puisque j’ai pu rencontrer Christophe Besse et à travers lui, l’un des pendants des coulisses du monde de l’édition: l’illustration.
Je vous fais partager cet échange.

Quelle est votre journée type de travail, s’il y en a une…
Mon atelier est seulement à quelques pas de mon domicile. Pour ma famille et pour moi aussi, je m’impose un emploi du temps strict. Je suis à mon atelier à 8H30, pause à 13 H et reprise à 13 H 30 jusqu’au soir, samedi inclus. Lorsque l’inspiration ne vient pas, il faut véritablement traquer le travail et se mettre en condition sans se laisser aller. Cela exige une discipline personnelle.

Quels conseils donneriez-vous aux artistes qui cherchent à percer dans l’illustration?
La première des choses est d'avoir un travail à côté car il est difficile sur le plan financier de s'en sortir avec seulement l'illustration. Il faut être conscient de cette réalité.
Ensuite l'internet aujourd'hui est un atout précieux sinon indispensable pour se faire connaître. Je conseillerai donc d'ouvrir un site ou un blog pour montrer son travail, et par une démarche intelligente, cibler les éditeurs pour prendre des contacts et se créer un réseau. Les relations humaines sont aussi importantes que la qualité du dessin.
Pour les plus jeunes, il existe d'excellentes écoles d'art, certaines spécialisées dans l'illustration. A côté du coup de crayon, il faut aussi se nourrir l'esprit, et donc avoir une bonne culture générale.

Lorsque l’on vous propose un texte à illustrer, quelle est votre première approche?
Je lis, relis le texte et prends des notes. J'apprivoise les mots en m'imprégnant de l'univers de l'auteur. Je cherche ensuite de la documentation sur l'histoire pour être le plus pertinent possible.
Pour Les Anti-fables par exemple, je me suis renseigné sur les animaux et insectes mis en scène. Le triton m'a laissé de prime abord perplexe.
C'est très laborieux au sens de beaucoup de travail avant même de commencer à dessiner.

Est-il difficile de mettre en image l’univers d’un autre?
Je suis curieux et j'aime être surpris, mettre en image mes propres textes me donnerait l'impression de tourner en rond. Je préfère dessiner pour les autres. Je ne trouve pas l’exercice difficile, je le vois plus comme un échange enrichissant et stimulant à la fois.

Y-a-t-il des thèmes que vous refusez d’aborder?
Je ne refuse pas les propositions qui me sont faites car il est délicat de refuser un manuscrit sélectionné par un éditeur. Cela dit, j'ai une tournure d'esprit axé sur l'humour, j'ai donc des difficultés à traiter de thèmes qui ne prêtent pas à rire. Je me vois difficilement dessiner sur la guerre ou les camps de concentration par exemple, je crois que je ne saurai pas tout simplement.
A la limite, je refuserai un projet sur un thème que je viendrai de d'aborder, histoire de me laisser le temps de me renouveler.

Du croquis au dessin final, quelles sont les principales étapes d’une illustration?
Je jette sur le papier mes premières idées pour ne pas les oublier. Ensuite, je fais 3 ou 4 croquis de plus en plus précis dans le détail. J'affine et je recherche de la doc pour parfaire le tout (
exemple en image). J'envoie l'ultime croquis à l'éditeur et à l'auteur pour d'éventuelles modifications.
C'est après que je me lance dans l'exécution. Je reprends le croquis pour en faire le dessin final sur du beau papier et avec de l'encre de chine.
Pour la couleur, j'opte soit pour la peinture acrylique, idéale pour faire les nuances (Les Anti-fables) soit je scanne le dessin et le colorise (ou fait appel à un coloriste) par ordinateur pour des contrastes plus fort. Le dictionnaire bilingue Français / Chien: c’est mon fils de 16 ans qui a colorisé mes dessins. Il est nettement plus à l’aise que moi en informatique.)

L’étape la plus délicate?
L'illustration c'est comme un film. On a beau avoir les plus belles prises de vue, les meilleurs acteurs, s'il n'y pas de scénario, le résultat ne sera pas bon. Le plus délicat est donc de trouver une bonne idée, de la travailler: mise en page, les détails, puis ensuite de passer à l'exécution.

Vous dessinez pour des livres et pour la presse, lequel des 2, vous donne le plus de satisfaction?
Les deux supports sont complémentaires. Pour le livre c'est une sorte de marathon, un travail de longue haleine, on a le temps de développer alors que pour la presse les délais sont plus courts, c'est un sprint, on voit le résultat imprimé très rapidement.

Dessinez-vous de manière différente selon que vous travaillez sur une œuvre pour enfant ou pour adulte?
Je dessine de la même façon pour tout mon public. Je prends un soin supplémentaire dans la rédaction du texte des bulles quand je m’adresse aux enfants. Pour les adultes, je me lâche plus en employant des termes plus usuels, un langage plus parlé.

Comment réagissez-vous aux propos échangés avec votre public lors de séance de dédicaces par exemple?
Concrètement, les dédicaces ne sont pas le moment idéal pour discuter. Il faut dessiner et satisfaire tout le monde. On peut échanger quelques mots sans pousser plus avant. Je préfère rencontrer les enfants dans leur classe. J’en visite une en moyenne une fois par mois à travers tout le pays. J’ai besoin de savoir si j’ai visé juste dans telle approche de tel personnage. Si les mêmes questions reviennent souvent, ils arrivent quand même à me surprendre. Leur préoccupations sont souvent liés à leurs situations personnelles, le milieu familial a une incidence énorme sur leurs ressentis.

En définitive pouvez-vous nous expliquer concrètement votre métier d’illustrateur?
Etre illustrateur c’est avoir le privilège d’être l’un des premiers à lire un livre. Hériter d’un texte vierge de toute image, qu’il faudra justement dessiner, est une grande responsabilité. Des choix pris pour donner un visage à un personnage, des détails sélectionnés pour peindre un décor, insuffler une ambiance ont forcément un impact sur la lecture du livre. Personnellement, je m’acquitte de cette tâche le plus sincèrement et le plus passionnément possible.

(Propos échangés par téléphone)

Supersab

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